1.11.10



Lettre de Pierre Mayrand à Su Donghai


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Los ecomuseos en China



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Carta de Pierre Mayrand a Su Donghai



Lettre de Pierre Mayrand a Su Donghai



Bien cher collègue,



Je viens de prendre connaissance , un dimanche après Midi, de votre excellent article sur l’ évolution de l’ écomuséologie, en Chine (Museum international 237~8 ), son passage de la 1ère génération orientée `a la 2ème génération < autoproclamée >. Comme il est peu probable que je me joigne au groupe du MINOM et des écomusées qui se réunira à Shangai, je vous fais part, par écrit, de mon point de vue sur l’ écomuséologie. Au point de départ réticent à la théorie du miroir de G.H. Rivière, puis passe à l’animation culturelle Variniste, je me situe actuellement dans une muséologie sans frontières: L’ Altermuséologie (Manifeste, 2007).



Fondateur du MINOM, à partir des années 80, en réaction contre le statisme de l’ ICOM, j’ ai coordonné les activités de l’ Écomusée de la Haute-Beauce (au Québec) pendant prés de 16 ans, le 2ème par ordre d’importance chronologique, après le Creusot auquel il se substitue en 1978 comme lireu de convergence des idées, des actions et des recherches. Il sera suivi par le Maestrazgo (Espagne), devenus des musées territoire au service du développement et de la capacitation des populations, véritables fondateurs d’ identités actives. La dilution du concept original, comme vous en faites état, en une pléthore d’ interprétations sur sa mission, ses finalités et son fonctionnement – à l’ origine conçu comme une école populaire d’ apprentissage de la vie démocratique, suivie de prés par la fondation du MINOM (1984), tous deux assis sur la tradition latine des musées communautaires , l’ écomusée, à l’ère de la globalisation connait aujourd’hui une double expansion supplémentaire, soit la tendance à considérer les identités minoritaires, particularisées, comme des objets de biens de consommation touristique, soit la mise en place, comme en Chine et en Italie de réseaux étatiques d’enclaves ethniques plus ou moins auto-gérées. Il est ,même question, en Espagne, de conglomérations d’ écomusées ( surtout de parcs ) sans que le lien associatif ne leur confèrent une unité, sous forme de réseaux formels, par exemple, oubliant les acquis des années 90 ( Pyrénnées orientales, Maestrazgo ). La proposition d’ une < continentalisation asiatique de l’ écomusée > ( comme vous le rapportez ) montre la disproportion du phénomène là où tout paramètre s`efface. Elle démontre la dimension démesurée d’ ambitions d’ une action culturelle dont on a du mal à cerner, à présent ,les contours dessinés par ses fondateurs: Fragilité, convivialité … C’est pourquoi nous publions le Libretto: El manual del promoter del ecomuseo ( Laguna, Tenerife, 2009 ), illustré par la figure de l’ escargot ( Maison, antennes, fragilité, sensibilité à l’ environnement, traces ), une proposition de méthodologie.



J’ai bien connu, parfois intimement, les personnes mentionnées dans votre compte-rendu, théoriciens, utopistes, dessinateurs de modèles …, principalement à travers le MINOM ( ils étaient presque tous présents à Toten, en Norvège ) que l’ on persiste à confondre avec l’ écomusée, alors que le MINOM est le support idéologique de l’ ensemble, complexe, des muséologies dites < sociales > issues de la Déclaration de Santiago du Chili (1972), cherchant à les amener en permanence dans le contexte d’ une critique de l’ évolution mondiale (Mayrand, Essais de terminologie, ULHT, 2009 ).



Je vous félicite d’ avoir exposé aussi clairement et objectivement, au profit des minorités nationales parties prenantes de l’ écomusée comme outil de capacitation et de conscientisation.







Pierre Mayrand,



Professeur-chercheur, expert en muséologie communautaire, 29.11.09

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