18.1.09

MINUIT EXPRESSE
Chroniques d’ un altermuséologue
Janvier 2009-01-18


AUTO-CRITIQUE D’ UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE.


Le Musée de la Mer et de la Terre de Carrapateira (Pt) se définit comme un musée communautaire. Inauguré en Mai de l’ an dernier, sa qualité comme musée communautaire était légitimisée, jusqu’ à présent, par le don d’ objets, par la participation spontanée des habitants aux enquêtes, par leur affection pour un projet qu’ ils avaient fait leur.

Il fallait franchir un pas supplémentaire dans la communitarisation du musée, dont le statut était celui de la dépendence à la tutelle municipale.

Afin de parvenir à un degré opérationnel de pleine communitarisation, il fut prévu de longue date de convaincre l’ autorité municipale de prolonger le succès populaire du Musée par la mise en place de structures et d’ activités lui donnant de la chair, le contexte socio-politique du Conseil étant théoriquement favorable à l’ adoption de mesures participatives prises en charge par le Musée.

Les mesures proposées dans un plan quinquennal prévoyaient , entre autres, l’ institution d’ un réseau géré par des noyaux interactifs de populations formées aux expositions à l’ intérieur d’ un territoire d’ identité désigné comme le <>, enfin la création à l’ intérieur du musée pilote de Carrapateira d’ une instance consultative de gestion participative, le Comité de participation, et la création d’ un premier atelier de formation aux expositions, sous forme d’ une clinique de la mémoire.

La philosophie d’ action du musée ayant été réitérée lors de la présentation , à la Municipalité , de la première programmation
Incluant les prévisions budgétaires, l’ ensemble des propositions reçurent un aval compréhensif de la part des autorités, dont celui du Responsable de la Culture, ces décisions coincidant avec l’ annonce de l’ attribution d’ un prix du Tourisme Portugal 2008.

Les deux mécanismes de participation cités avaient fait l’ objet de documents énonçant les objectifs, la méthodologie de chacune des instances à expérimenter. Il fallait à présent convenir d’ une façon afin de les véhiculer auprès de l’ ensemble des populations concernées. La convocation d’ une Assemblée générale d’ information fut décidée. En plus de la présentation de la mission communautaire du Musée, deux points furent portés à l’ ordre du jour: Les participants au Comité de gestion et au 1er Atelier de formation aux expositions. Ceci peut apparaître comme tout à fait normal dans certains milieux familiers avec cette procédure, et dont la direction y est prepare.

Grâce à l’ instrumentation d’ un conseiller en action communautaire et une préparation minutieuse des details de fonctionnement en assemblées délibérantes, le grand jour eut lieu dans l’ après midi du dimanche le 18 janvier.

Une cinquantaine de personnes répondirent à l’ appel, serrés les uns contre les autres dans la Salle polyvalente du Musée, encadrés par les panneaux expositifs de la mission du Musée: Personnes de tout âge, de toute condition. Malgré certaines hésitations compréhensibles, les décisions furent prises concensuellement conformément à l’ ordre du jour proposé en évitant la lourdeur de procédures. Les premières rencontres de comités nous permettront de conclure de fçon plus conclusive sur l’ efficacité de l’ appareil mis en place.

Conseiller en muséologie communautaire, travaillant en étroite collaboration avec la Directrice et le Responsible de la Culture, le fait que je ne maîtrise pas la langue, fit en sorte que les rôles durent être inversés à certains momments obligeant ainsi à des ajustements de fonctionnement lors des étapes ultérieures.

Bolos, mogrono, thé, firent le reste, alors que certains s’ occupaient à se repartir les convocations au Comité et à l’ Atelier, une tâche toujours ardue compte tenu des disponibilités des uns et des autres. Si plusieurs membres de la communauté avouaient qu’ ils ne savaient lire, les langues suppléères abondamment à cette carrence.


Pierre (Mayrand)

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