31.10.08

quelques réfléxion ... à chaud


www.culturemontreal.ca/.../table_espaces.htm


Bonjour Pierre, merci pour cette marmite généreuse.


Je l'ai à peine ouverte et même si je n'ai pu que la humer (elle est encore trop chaude!), faute de temps (autre denrée rare dans notre monde muséal hypercactif), voici quelques réfléxion ... à chaud.




Tu écris: "La sociomuséologie comme une science humaine en voie de constitution fondée sur le regard critique jeté sur la société en evolution. La muséologie sociale comme les pratiques d’ intervention recherchant le changement social à l’ intérieur du cadre épistémologique et des paradigms proposés par la sociomuséologie: Pratiques relevant de l’ animation culturelle, de l’ ction culturelle, de l’ education populaire. Tous deux etc )préconisant la rupture à l’ encontre d’ une muséoloie de la continuité t de la reproduction, questionnant ainsi les fondements et les fonctions de patrimoine ety de mémoire. Enfin, une dernière remarque: Ne reviens t’ on pas trop souvent, dernièrement, sur la function touristique de l’ action muséale (...)."

Je crois effectivement que la sociomuéologie est en voie de constitution. Il y a cependant un risque dans la constitution d'une discipline spécifique. Ce que je regrette souvent, tant dans les échanges entre les muséologues et professionnels et musées, que dans la formation des muséologues universitaires, c'est le relatif isolement de l'expertise de celle des autres disciplines qui pourraient nourrir son évolution, que ce soit la sociologie, l'anthropologie, l'histoire, la gestion etc. La formation tourne souvent autour des spécialités associées aux musées traditionnels - collection, conservation, expositions, actions culturelles, ce qui est essentiel, mais ne ramène pas souvent au premier plan une question qui devrait toujours nous travailler: pourquoi le musée, d'hier à aujourd'hui, dans la construction des sociétés humaines? En plus, lorsque le musée sort de son territoire traditionnel, que personne ne lui conteste, la conservation et l'objet témoin, et qu'il explore l'action culturelle, le spectacle, l'intervention sociale, il entre dans des territoires qui sont bien occupés et partagés par d'autres médias, institutions, acteurs sociaux et culturels. La muséologie actuelle et encore plus la sociomuséologie- muséologie sociale est mixte, métissée, bricolée, arrimée, souvent greffée sur des muséologies plus traditionnelles, des missions et motivations autres que sociales, dans un contexte où le musée prend parfois l'allure d'un média de communication. La force du musée est de vouloir relier la réalité matérielle du monde et de l'existence, à sa réalité immatérielle. Ce que la sociomuséologie - muséologie sociale perd en clarté et pureté conceptuelle par son métissage, elle le regagne en richesse expérimentale et en potentiel d'évolution de l'ensemble des musées. L'ambition de la "nouvelle muséologie" n'était-elle pas de transformer le musée, tous les musées? Une utopie qui mobilise sans qu'on s'illusionne sur la possibilité de l'atteindre. Je crois qu'il est important pour les muséologues de terrain, de raffermir leurs liens avec les universitaires et penseurs des sciences sociales non pas pour être dépendants de leurs analyses, mais pour nourrir de leur expérience cette réflexion et être des acteurs dans la construction de la discipline. Tous les outils de la muséologie classique ou entrepreneuriale et touristique doivent être utilisés pour affermir nos actions, sans qu'on en devienne dépendant. Par exemple, la question du financement n'est pas un détail. Si j'en juge par ce qui se passe à Montréal, la pauvreté relative des organismes dans un contexte de compétition culturelle d'une métropole ne favorise pas la concertation ni l'association, au contraire. La difficulté des musées qui n'empruntent pas le discours touristique ou ne peuvent raisonnablement prétendre être des incontournables, c'est d'arriver à convaincre ceux qui ont des bourses bien garnies, publiques ou privées, que leur action est importante pour la société. Un des bénéfices est de pouvoir puiser à d'autres sources de financement que ceux du champs culturel et patrimonial, bien occupé et mal doté. Cela peut-il se faire sans compromis, sans se travestir pour répondre aux attentes? En voulant convaincre que le musée a un rôle social, allons-nous favoriser son instrumentalisation et le transformer en agence d'État de développement social ou de société de bienfaisance? Il y a un risque. Mais à moins de vouloir s'isoler, il faut savoir jouer le jeu et en connaître les règles, pour gagner. S'insinuer dans le discours en vogue, comme la fonction touristique, pour trouver une écoute et non pour le dévaloriser (le touriste est un être humain curieux et souvent de bonne volonté qui mérite notre respect et notre attention sociomuséologique). S'en servir comme une embarcation qui nous permette de nous déplacer vers nos propres destinations. Il faut savoir être des communicateurs, des promoteurs convaincants, des pédagogues, convaincre en somme avec les mots des autres et parfois du sens commun. Nous ne sommes plus à l'ère des arcs et des flèches. À la guerre comme à la guerre! Pierre et Luisa, vous en savez quelque chose, pour votre projet de Carrapateira.
Chaque contexte socio-politico-administratif commande des actions, des stratégies et des discours différents. Pourtant, il est essentiel: de savoir tout d'abord ce que nous partageons, philosophie commune, valeurs communes, et fondements réflexifs puisés au sein de la muséologie mais dans d'autres disciplines (pour atténuer la tendance à l'autoréférence); de s'entendre sur quelques modes d'action universels qui transcendent les différences et ont démontré leur efficacité dans divers coins du monde. Enfin, de se donner et d'échanger des outils actuels éprouvés (management, communications, design, recherche de financement etc.) mais déclinés diversement selon les contextes et les moyens (selon le monde action-réflexion), en fonction d'une autre vision du musée, ceci afin que nos rêves deviennent réalité. Cette réflexion est évidemment éminemment liée au contexte québécois et surtout montréalais, et celui de mon institution publique. Mais j'espère qu'on s'y reconnaîtra ici et là.
Merci Pierre pour ta persévérance à nous provoquer!


JFL Jean-François Leclerc
Muséologue
Responsable du Centre d'Histoire de Montréal
410, Saint-Nicolas, bureau 124 Montréal H2Y 2P5
Tél. : 514-872-3216
Téléc. : 514-872-9645



2 comentários:

Carla Silva e Cunha disse...

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Anónimo disse...

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