13.10.08



SOUVENIRS D’ÉCOMUSÉES,
POUR MIEUX COMPRENDRE LE MINOM

Pierre Mayrand, écomuséologue-altermuséologue.
10 octobre 2008.


Mes premiers souvenirs remontent, rapportés par des collègues, au lancement du concept, dans les années 70, au mythe entretenu par quelques québécois sur le Creusot-Montceau-les-Mines, sur les leçons de G.H. Rivière, enfin sur les pélerinages que j’ effectuais au Creusot, pour m’ en rendre compte moi-même dans la mecque, un centre de rencontres internationales de débats agites et d’ informations précieuses sur la nature et sur l’ expansion de l’ écomuséologie, que j’ identifie souvent à la situation qui prévaudra, quinze ans plus tard, dans le Maestrazgo (Es): Lieux d’ affrontements politico idéologiques autant qu’ espaces d’ expérimentation de la muséologie coopérative, étendue à un territoire d’ identité, se démarquant de la muséologie officielle par le courage des affirmations ouvrant la porte à une toute nouvelle réflexion critique reprise par la MNES et par le programme d’ études en animation culturelle que nous venions de fonder à l’ Université du Québec à Montréal, préludes à mon initiation à la muséologie et à la création de l’ Écomusée de la Haute-Beauce, alors que De Varine publiais son article « l’ Écomusée » dans la Revue Canadienne des Musées (l978).

Au Québec, les projets auxquels je participe prennent r, acine à l’ intérieur du mouvement pour un tourisme social et culturel, de vifs débats opposant les muséologues conservateurs aux muséologues interpretes dont les idées sont alimentées à la fois par la France, les États-Unis et les pays scandinaves. Elles se résument, à un momment charnière de l’ évolution vers l’ idée d’ un nation québécoise, dans la democratisation, l’ humanisation, la construction d’ une spécificité sur la base du rejet de toute valeur coercitive, enfin par la recherché de liens organiques avec l’ environnement: La muséologie prend une connotation de sensibilisation venant tempérer celle de la connaissance. Soucieuse de la conservation elle passe de l’ objet à l’ espèce dans une perspective de conscience écologique naissante nous ramenant aux sources e nos rapports avec le pays, ses habitants d’ origine.

Six années d’ écomuséologie au Québec (l978-1985), dont les fers de lance sont la Haute-Beauce rurale et le Fier Monde urbain, jumelés autour d’ un slogan « le Québec es écomusées », mus parune double motivation de renovation nationale et sociale, par la volonté affirmée de desserer le carcan gênant d’ une muséologie standardisée, fait en sorete que le mouvement glisse, en raison deses contacts internationaux, vers l’ élargissement de l’ écomusée à la nouvelle muséologie: Grâce aux organisations Belges, Québécoises et Françaies, notament la MNES, naîtra, en l983, à Londres òu le hasard voulut que les contestataires s’ y trouvent reunis en grand nombre dans le cadre de la Conférence générale d’ ICOM prennent la décision, à l’ intérieur d’ une assemblée générale d’ ICOFOM, de former un groupe e travail chargé d’ organiser, dês l’ année suivante, au Canada, une rencontre spontanée sur le thème d’ un « premier atelier international écomusées/nouvelle muséologie ». Pourquoi cette dichotomie ? Car le groupe promoteur prétendait non seulement se porter à la défense de l’ écomusée comme member à plein titre de la famille des musées ( tout en s’ en distinguant ), mais également, et surtout, contester l’ ensemble de l’ institution muséale, comprenant sa mission, afin de la rénover et d’ y injecter du sang neuf. La MNES joua un role determinant dans ce processus d’ élargissement de l’ écomusée au concept de la nouvelle muséologie. Le Portugal, lors du deuxième Atelier consacré à la fondation du mouvement , fort de sa tradition associative militante issue de la Révolution de 1974, tiendra également un role déterminant dans le passage recherché entre l’ écomusée, le musée communautaire héritée de l’ Amérique Latine qui fait son entrée dans le mouvement avec son passé d’ expériences radicales, enfin les objectifs plus larges de rénovation de l’ institution muséale, la conjoncture d’ alors au sein de l’ Éxecutif de l’ ICOM permettant à cette nouvelle formation d’ acquérir, d’ entrée de jeux, son statut international à titre d’ organisation affiliée.

La référence à la Déclaration de Santiago du Chili (1972) donnera au mouvement sa perspective historique et légitimera son caractère d’ engagement politique que plusieurs revendiqueront jusqu’ à présent. À partir de ce momment, écomusées, musées communautaires, actions relevant de la nouvelle muséologie puis de la muséologie sociale chemineront complémentairement, s’ interpénétrant les unes dans les autres pour aboutir, en 2007, au lancement du concept globalisant de l’ altermuséologie, soit l’ entrée de cês muséologiees alternatives dans le spectre du mouvement altermondiste, leur adhésion solidaire, à construire, avec le Fórum social Mondial. Souvenirs de temps forts de l’ écomuséologie lors des rencontres de Santa Cruz de Rio (Br), de temps forts du musée-territoire lors des rassemblements de Molinos (Es) nous amènent à nous interroger actuellement sur l’ extension effreinée d’ écomusées placés au service de la consommation touristique de biens et de services empruntés à l’ identité d’ autrui, ou bien étiquetés comme agents du developpement regional.

Pour les quelques uns qui se « souviennent » encore, l’ esprit de l’ écomusée, ses acquis les plus valables sont reinvestis dans des projets inovateurs: L’ innovation permanente de la muséologie participative, citoyenne, ouverte sur le monde, devenue critique, proactive, cherchant de nouvelles voies tracées par la militance. Quelle en será le nouveau relai ? Pour ma part j’ ai jeté l’ ancre à Carapateira (Pt).


LÀ S’ ARRÊTENT MES SOUVENIRS.
Ici commence l’ inconnu,

1 comentário:

David disse...

Après la lecture de votre texte, je me rend compte que je suis en muséologie pour les bonnes raisons. Je suis bachelier du programme d,animation culturelle de l'UQAM et je suis en train de préparé mon travail dirigé de maîtrise avec Yves Bergeron. Je développe présentement une pratique unique de la muséographie qui s'insère dans la logique de l'altermuséologie...

Il est très motivant de voir que les choses tendent vers un changement de cap de la muséologie traditionnelle vers une conception plus humaine et organique des fonctions muséales.

Nous aurons peut-être la chance de se rencontrer lors de votre prochain passage à Montréal.

David Lesiège
étudiant à la maîtrise en Muséologie à l'UQAM