11.6.08


L’ÉCOMUSÉE ENTRE LA VIE ET LA MORT,
KRISIS, ACTE 2



Pierre Mayrand, Altermuséologue, juin 2008-06-06




Cet essai sur l’écomuséologie fait suite au questionnement précédent « La mort de l’écomusée ? » . Ayant acquis ma réputation comme écomuséologue, à partir des années 80, rédigé, en 2004, un précis sur la psycho-sociologie de l’écomusée, s’appuyant sur différentes expériences significatives, on s’étonnera peut-être de ce que certains considéreront comme un volte face, voire une trahison au mythe sacré que nous avons contribué à fonder, grâce aux premiers pas de ses fondateurs français des années 1972.

Loin de renier les apports de l’écomusée qui ouvre une fenêtre dans la révolution muséale du siècle dernier, ses trasformations radicales dans ses fonctions comme dans son idéologie et ses pratiques liées au plus grand nombre (masses, milieux), notre intention est de resituer le mythe dans le contexte de la muséologie actuelle, de voir ses apports à la muséologie sociale, de même que les faiblesses qui le conduisent à un lent dépérissement, notament sa banalisation, sa récupération touristique, sa confusion avec le musée de l’environnement, la fatigue de ses principaux protagonistes, enfin, surtout, l’arrêt de toute recherche fondamentale.

Le virage vers le concept de muséologie sociale, introduisant la notion de citoyenneté et d’altermondisme, se démarquant de la muséologie territoriale, devenue l’héritière , depuis une dixaine d’années, de l’écomusée, qui toutes deux mettaient l’accent sur l’idée, à plusieurs nuances près, du développement par le patrimoine, nous introduit dans l’universalité, desserre les liens privilégiés avec la communauté de proximité.

Veuillent ceux qui se cramponnent de peine et de misère à l’écomusée, mes camarades du Brésil et du Québec, les fondateurs du concept, me pardonner ma prospective qu’ils pourraient interpréter comme un déni irrespectueux.




Le concept ayant été rarement bien assimilé, on continue à s’acharner sur l’écomusée pour en perpétuer la mémoire, pour l’interpréter dans le contexte de tel ou de tel pays, pour comprendre le phénomène à postiori, la tentation étant toujours forte de reproduire la formule simplificatrice de l’équation PATRIMOINE/TERRITOIRE/POPULATION , synonyme de développement.

Malgré les doutes qui nous assaillent sur la viabilité et sur l’interprétation de « l’écomusée pur » dans le contexte mondial actuel. De plus en plus éloigné des pratiques et de la théorie qui l’ont vu progresser tour à tour au Creusot, en Haute-Beauce, dans le Maestrazgo, aujourd’hui encore, dans une certaine mesure, à Sta. Cruz de Rio, à Montréal (Fier Monde), se confondant à l’action et le développements communautaire dont il est devenu le prétexte instrumental ou politique (Mexique), l’écomusée, ou ce qu’il en reste, se ressent de la fatigue de ses protagonistes dont la moyenne tolérable d’implication est de vingt ans de militance. Qu’est devenu l’ écomusée porteur de valeurs communes, d’une spiritualité partagée entre ses phares, d’une théorie de l’action culturelle s’appuyant sur l’ UTOPIE , le projet qui l’a fait naître ( P.Mayrand, Les stades de développement de l’ écomusée ) ?

Le concept , le mot lui-même, demeurent séduisants, même s’ils signifient pour plusieurs la recupération des elements positifs d’un passé considéré comme révolu, appartenant à un ideal de société des années 70 et 80, marquée par de grands pédagogues du changement social (Freire, Vasquez, qui s’en souvient ?). Nous entrons dans une histoire dont peu se souviennent dans leur utilisation abusive du mot et du concept pour fin de détournements opportunists, vidés de leur connotation révolutionnaire qui, à partir de la fondation du MINOM, en l985, feront de l’écomusée le nex ultra de la muséologie nouvelle, dont le mouvement sera accompagné d’innombrables études et écrits ( qui s’en souvient encore: Hauenschild...), de diffuseurs convaincus (Rivard, Desvallées...).

LA CASSURE DE L’ÉCOMUSÉE

En pleine activité jusqu’en 2000, qu’on aurait peine à croire qu’il puisse offrir si peu de résistance face à une conjoncture qui commence à confondre les notions, à les utiliser , sous le couvert du patrimoine à tout usage, à des fins commerciales d’attraction touristique , revenant à son ancienne association aux parcs naturels, soit la dissociation de l’homme et de l’environnement.

Autre facteur révélant les signes d’une fracture irréparable de l’écomusée, c’est l’introduction de la notion de muséologie sociale, supplantant celle de la muséologie communautaire, dans la teerminologie courante du mouvement de la nouvelle muséologie , se substituant même à cette dernière ( P. Mayrand, Il y a social et social ), le social prenant nettement une connotation politique et mondialiste ( Manifeste de l’altermuséologie, 2007 ), la notion de population qui fut le fondement de l’action participative véhiculée par l’écomusée, étant substituée par celle de l’action citoyenne, interculturelle, mettant l’accent à présent sur l’ouverture sur le monde plutôt que sur la communauté territoriale, les associant dans le concept de l’universalisation de la muséologie locale. En fait, l’éloignement du patrimoine comme facteur premier dans la definition de ces muséologies altruistiques marque également le délaissement de l’ethnologie, comme la science fondatrice de l’écomusée, au profit de l’anthropologie où se situe en réalité la philosophie du mouvement, légitimisé à présent par le 12 ème Atelier du MINOM (Lisbonne/Setubal). En inscrivant le «changement » à l’ordre du jour des débats de cet atelier de relance de l’organisation sur des propositions réactualisées, la fine pointe des « lions » de la nouvelle muséologie, ayant survécu à vingt deux années de turbulence, ne croyait pas provoquer des changements aussi profonds, même s’ils ne furent pas explicités en séance. C’est après coup que l’on commence à réaliser la brèche ouverte dans l’idéologiie traditionnelle, celle-ci étant légitimisée pour les tenants de l’épuration par le theme propose. On se devait donc de remettre le mythe écomuséal à sa place comme de revoir l’ensemble de la terminologie de la muséologie sociale (P.Mayrand, Essai de terminologie de la muséologie sociale, en chantier ). L’accent mis, dans le plan d’action du MINOM, sur le role de la femme dans la nouvelle muséologie , est révélateur du virage qui fait passer la première place accordée traditionnellement à l’écomusée en seconde place.

ÉPILOGUE

Plus que l’altérité, l’altermuséologie devient l’espace mondial où s’incarne, constituée en réseaux étendus, une nounelle muséologie naissante dont on ne sait pas encore ce qu’elle donnera: L’union de toutes les muséologies «actives» au sein d’ un mouvement de renouvellement ( cinquante huit ans après la naissance du premier renouvellement ), engagé daans la lutte pour une décennie consacrée à l’ altérité: Les cellules de base consolidées par une vision étendue des représentations et des actions muséales (dans le sens où l’entend le mouvement ), continueront à jouer le rôle d’interprètes de l’avenir à travers la parole des communautés. L’écomuséologie , utilisée à bon essient, aurait ainsi, dans un même souffle, avec toutes les notions qui s’en rapprochent , un ultime rôle historique à jouer dans le contexte étendu dans lequel nous le replacerions ? De moribond comme il nous apparait, si nous nous référons à la période héroique ( les 5 phares ), nous pourrions considérer l’esprit de l’écomusée, une création des années 70, comme un héritage spirituel, entré lui-même dans le patrimoine muséologie et de l’accomplissement des grandes oeuvres humaines ?

3 comentários:

O Profeta disse...

De pequena poça fiz um universo
Feito de sete estrelas do mar
Murmurou-me um búzio ao ouvido
O rumo para te encontrar


Boa semana


Mágico beijo

Safira disse...

Passei por aqui, apenas para deixar a minha impressão digital...:)

bernard n. shull disse...

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